Books about Otaku culture Wednesday, Oct 15 2008 

Nicolas OLIVERI Le phénomène japonais otaku , Nathan (Paris) January, 2007

L’otakisme est un phénomène qui préoccupe depuis vingt ans les observateurs de la société japonaise. Il se caractérise par une hypertechnologisation de la vie quotidienne, qui affecte profondément le mode de vie. Les otakus ne se lient à autrui qu’au sein de communautés virtuelles Ils désinvestissent toutes les pratiques sociales ordinaires. Nicolas Oliveri s’appuie sur l’étude de l’otakisme pour poser plusieurs questions centrales : les technologies sont-elles une cause ou une compensation à ce retrait hors de la société ? L’histoire du Japon de l’après-guerre et l’éducation des enfants peuvent-ils expliquer l’otakisme ? La technologisation de la vie domestique et des loisirs qui gagne notre culture implique-t-elle le risque de telles modifications des pratiques relationnelles et des identités ?

Etienne Barral Otaku : Les Enfants du virtuel, J’ai lu, 30 novembre 2001

Les « fils de l’empire du virtuel », ou otaku, représentent un véritable phénomène de société et concernent quelques millions de jeunes japonais. Issus d’une société stricte où seule compte la réussite sociale, les otaku, contraints d’enfouir leur personnalité, préfèrent se construire de toutes pièces un monde clos et échapper ainsi au réel. La vérité, pour eux, n’est plus dans le rapport avec autrui, mais dans cet univers ultratechnologique et virtuel. Ainsi vivent-ils par procuration leurs rêves de sexe et d’amour sans s’engager véritablement, et accumulent-ils des expériences sans but apparent en utilisant nos médias modernes. Marginaux, déserteurs isolés et perdus ? Les otaku sont en tout cas le reflet d’une société qui n’ose pas regarder les conséquences de ses actes, et le signe d’un malaise profond.

Hiroki Azuma – Génération Otaku : Les enfants de la postmodernité

Best-seller au Japon, cet essai a le grand mérite de penser – et non de juger – le phénomène Otaku. Les Otakus, ce sont ces jeunes fans de manga, de jeux vidéos ou de dessins animés, ne vivant qu’entre eux et que pour ces produits culturels dont ils ne cessent de créer et de consommer des dérivés: figurines, fanzines, romans tirés d’un dessin animé, dessins animés tirés d’une figurine, etc. Le phénomène, en perpétuelle croissance depuis les années 1980, représente aujourd’hui un marché colossal, et s’étend à l’étranger via le succès mondial du manga. Pourtant, ces adolescents en rupture ont toujours été considérés comme des autistes et personne, jusqu’à Hiroki Azuma, n’avait osé étudier sérieusement leurs oeuvres phares et leurs façons de les consommer. Son ouvrage révèle la troublante adéquation entre culture Otaku et postmodernité. Perte des repères, fin des grands récits, brouillage de la frontière entre auteur et consommateur, entre l’original et sa copie : la culture Otaku est la première culture postmoderne. La réduire au Japon serait donc une erreur, car elle a déjà commencé à séduire les jeunesses du monde

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Bande à part – The Louvre scene Sunday, Oct 12 2008